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Baptiste Magnin (renêtre) : « La restauration de fenêtres peut aussi s’appliquer au patrimoine conventionnel »

Accompagné en 2025 et 2026 en Starter+, Baptiste Magnin a créé l’entreprise renêtre, avec laquelle il donne une nouvelle vie aux fenêtres et lutte contre l’immense gaspillage de ressources dans le secteur du bâtiment.

Qui es-tu et quel est ton parcours ?
Originaire de Normandie, j’ai étudié l’architecture et obtenu un master en école de commerce. J’ai ensuite travaillé quelques années à Paris dans des agences d’architecture, sur la partie commerciale. Mais j’ai commencé à me questionner sur le sens de mon travail. Je me suis donc formé en agriculture urbaine et j’ai effectué un stage à la Cité de l’agriculture en 2022 (un projet anciennement accompagné par Inter-Made, NDLR). C’est comme ça que je suis arrivé à Marseille. Faute de débouchés, je me suis redirigé vers des bureaux d’études où j’ai travaillé pendant deux ans, sur des projets visant à conserver les matériaux ou à leur donner une seconde vie. J’ai alors voulu lancer un projet personnel et me former à du travail manuel : c’est ainsi qu’est né renêtre.

En quoi consiste ton projet ?
Renêtre est une SARL créée en février 2026, à partir du constat que 6 millions de fenêtres en bois sont déposées chaque année (source : ADEME). La plupart ne sont pas valorisées et finissent à la déchetterie, ce qui laisse beaucoup de marge d’amélioration pour les restaurer ou les réemployer.

Renêtre propose 3 types de services. La restauration de fenêtres, qui constitue mon activité principale. Au-delà de l’aspect pratique et esthétique, restaurer consiste aussi à améliorer les performances des fenêtres existantes sur les plans thermiques, acoustiques et de sécurité. Cela passe notamment par l’intégration de vitrages de restauration adaptés aux menuiseries anciennes, ou de double vitrage lorsque c’est possible, mais aussi par l’ajout de joints d’étanchéité. Je propose aussi du réemploi et de la réutilisation : je vais sourcer des fenêtres sur des chantiers pouvant être utilisées ailleurs, parfois en détournant leurs usages. J’ai par exemple récemment récupéré de très belles fenêtres en bois sur un chantier du diocèse de Marseille, que j’ai installées comme cloisons dans un appartement en ville (illustration avant/après ci-dessous).

Enfin, j’accompagne les personnes à rénover elles-mêmes leurs vitrages : ça revient jusqu’à 10 fois moins cher pour mes clients ! Le métier de restaurateur de fenêtre est ancestral, car les fenêtres en bois sont réparables. Le problème, c’est qu’à l’exception du bâti historique, la tradition s’est perdue en France, contrairement à d’autres pays comme la Finlande, la Suède ou les Pays-Bas. Mon but, c’est de faire la démonstration que la restauration de fenêtres peut aussi s’appliquer au patrimoine conventionnel, et ainsi contribuer à la réduction des déchets.

Que t’as apporté l’accompagnement en Starter+ ?
Cela a été très structurant, car je n’avais qu’une idée grossière de là où je voulais aller quand j’ai quitté mon travail. Les trois premiers mois ont joué un véritable rôle d’accélérateur et m’ont permis de vraiment définir mes objectifs et mes activités. J’ai aussi pu lever d’importantes incertitudes sur les questions financières. Le groupe m’a fait beaucoup de retours utiles sur mon projet.

J’ai même fait des travaux pour certaines personnes de ma promo et leurs amis. J’ai aussi beaucoup apprécié le comité de fin : cela m’a poussé à faire une présentation très carrée, qui s’est révélée bien utile par la suite lors de mes rendez-vous professionnels avec des architectes, les équipes de la mairie de Marseille… Pour moi, le Starter+ été un super accompagnement qui m’a permis d’aller beaucoup plus vite que prévu.

Quelles sont les prochaines étapes pour renêtre ?
Je dois valider mon CAP menuiserie en mai. C’est un diplôme nécessaire pour m’installer en tant que professionnel et pouvoir m’assurer. Je travaille actuellement dans les ateliers partagés de SHARE-WOOD (ancien projet accompagné par Inter-Made, NDLR). C’est vraiment intéressant, car cela me permet d’avoir des conseils de personnes plus expérimentées que moi et de pouvoir utiliser des machines assez coûteuses.

Ensuite, j’espère pourvoir recruter un collaborateur pour monter une coopérative. Mon activité nécessite en effet d’être deux pour la manutention et l’installation. J’aimerais bien aussi déléguer une partie de la gestion. Je voudrais trouver des financements et des subventions pour pérenniser mon installation et réaliser des tests en laboratoire afin de certifier les résultats de mes activités. La grosse surprise, c’est en tout cas que je n’ai pas eu besoin de communiquer sur mon projet, le bouche-à-oreille a super bien fonctionné !


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